Guillaume LESOURD





Alors que se tient ce week end le congrés du Nouveau Centre, autre groupe centriste qui participe comme le fait le Parti Radical au gouvernement, de nombreux yeux avisés se tournent sur notre famille politique. Dans le Figaro d'aujourd'hui, Valérie LETARD se prononce sur ce que sera la nouvelle mouture du Nouveau Centre (qui au passage doit changer de nom, de bureau politique et adopter un réglement intérieur).
Hervé Morin, président du NC, l'annonçait cette semaine : il souhaite que son parti présente des listes indépendantes aux prochaines
élections européennes dans la majorité des circonscriptions. Cette perspective a également été soulevée au sein des Radicaux, quant au Modem de François Bayrou, c'est presqu'une certitude (à
moins que la rénovation du PS ne rapproche ces deux courants, le berger et la bergère).
Quid des élections présidentielles de dans 4 ans ?
Valérie LÉTARD. Il nous fallait en premier lieu poser les fondations : organiser la structure nationale du parti, développer ses fédérations et nous préparer aux élections municipales. Cette étape est aboutie et notre parti ne demande aujourd'hui qu'à se développer. Mais il reste encore du travail et, à l'avenir, je souhaite que le Nouveau Centre soit à l'image de notre société : que les femmes, les jeunes, les représentants de la diversité y trouvent leur place et notamment dans l'exécutif du parti. J'y serai d'autant plus vigilante que cela relève des ambitions et des intentions que nous sommes en train d'affirmer.
Le congrès est pour nous l'occasion d'affirmer nos valeurs, notre positionnement et nos ambitions. Il faut que notre famille politique retrouve une lisibilité nationale. Pour cela, nous devons affirmer haut et fort ce que nous voulons défendre. La majorité présidentielle a besoin aujourd'hui de marcher sur ses deux pieds. Et ces deux pieds, ce sont l'UMP et un parti politique du centre, le nôtre, qui doit être une véritable valeur ajoutée dans la majorité présidentielle. Nous devons être tout à la fois libres, indépendants et force de proposition. Nous pourrons ainsi porter dans un débat loyal avec nos partenaires les propositions et les orientations en accord avec nos valeurs sociales, européennes, démocrates, humanistes.
Le centre a toujours connu cet équilibre entre une vision politique sociale et libérale. On ne peut pas les opposer, l'une nourrit l'autre. La richesse du centre, c'est précisément d'apporter ce trait d'union, d'être capable de faire travailler ensemble des gens qui ont des approches différentes, pas de les opposer. Lorsque l'on aborde une réforme, on doit garder à l'esprit cette vision équilibrée entre la nécessité économique de s'inscrire dans la modernité et la promotion d'une politique de solidarité, d'un modèle social qui a toujours apporté beaucoup de satisfaction en France. La réalité dans laquelle nous vivons appelle le besoin de réforme. Mais réformer doit se conjuguer avec solidarité. C'est pour cela qu'il y a la place, au côté de l'UMP, pour un centre ouvert à sa droite comme à sa gauche.
Si nous décidons d'un nouveau nom, je souhaite qu'il affiche clairement la valeur sociale. Je serai intraitable sur cette question. Il faut que ce parti montre sa volonté de ne laisser personne au bord du chemin, tout en étant tourné vers l'avenir.