Sur son blog, mon
ami Guillaume Vandenbossche, conseiller municipal à Hergnies et responsable
départemental des Jeunes Radicaux, se prononçait, le 18 mai dernier, sur la question de l'allongement de la durée de cotisation ouvrant droit à la retraite.Je salue la qualité de son article et souhaite le porter à votre connaissance.
Cela fait, je désir également rebondir, comme je l'ai fait en lui laissant un commentaire.
Pour ma part, je ne suis pas contre l'allongement de la durée de cotisation mais je poserai un bémol nécéssaire car je suis pour que la notion de pénibilité soit intégrée aux futurs dispositifs.
La retraite, c'est la solidarité nationale. A ce titre, je suis favorable à un age de départ à la retraite différencié selon la branche d'activité. Il est impensable d'imaginer des hommes de 65 ans, creuser des trous et tracer des routes en plein soleil ou sous la pluie ! Notre ville de Maubeuge est actuellement en travaux, pouvons nous concevoir de voir des seniors, fatigués, usés, sur ces chantiers, alors que d'autres, plus aisés pourraient profiter d'assurances privées ? Bien sûr non.
D'autre part, si la branche retraite peut profiter financièrement d'un allongement des cotisations, qu'en sera t il de la branche maladie ?
Le depart à la retraite à des ages avancés aura pour conséquence certaine l'augmentation des arrêts maladie, des accidents de travail, des maladies professionnelles, des invalidités. On habille les CRAM en déshabillant les CPAM. C'est pourtant toujours une question de Sécurité Sociale.
Quid de l'assurance chomage qui exempte les seniors de recherche d'activité (attention Monsieur le Président, les chiffres du chomage vont remonter !).
Travailler plus pour gagner plus ok !
Mais profiter de sa retraite, dignement, à un age raisonnable, fonction de son activité, encore plus !
Soyons solidaires bon sang !
Le système des retraites en France:
Jusqu'à présent le système des retraites repose en France sur le principe de la répartition et de la solidarité inter-générationnelle : les personnes actives payent des cotisations qui servent à financer les retraites des personnes ayant atteint la limite d'âge légal leur donnant droit à la perception d'une pension de retraite: Ce sont donc les salariés actuels qui payent les pensions des retraités. Un système qui fonctionne bien tant que nous avons plus de cotisants que de retraités. Cependant, le vieillissement de la population va avoir pour effet de réduire le nombre de cotisants et d’augmenter celui des retraités*. Jusqu’ici, c’est l’augmentation du niveau de cotisation qui a permis de compenser la baisse du nombre de cotisants. Force est de constater que cette unique option de financement semble avoir atteint ses limites. En effet, les charges sociales pèsent lourdement sur notre économie*². On voit donc mal comment nous pourrions supportés une nouvelle hausse des charges, surtout dans ce contexte de baisse du pouvoir d’achat et de délocalisations.
* En 1976, nous avions un retraité pour 3 cotisants, 2 en 1986 et aujourd’hui nous n’avons plus que 1.55 cotisants pour 1 retraité. (Source : Caisse Nationale d'Assurance
Vieillesse)
*²(Les charges sociales en France sont les plus élevées d’Europe
:26% du revenu.)
L’allongement de la durée de cotisation de cotisations semble inévitable:
En 2002, certains estimaient que si aucune mesure n’était prise,en quarante ans la retraite tomberait à 55% de son niveau. L’allongement de la durée de cotisation semblait donc inévitable. Le système par répartition a donc connu une vaste réforme dans ce sens avec la loi Fillon d'août 2003. Celle-ci contenait plusieurs mesures pour inciter les salariés à travailler plus longtemps, dont le mécanisme de la surcote qui permet d'améliorer sa pension en cotisant des trimestres supplémentaires. Elle a également augmenté la durée de cotisation pour les salariés du privé et du public, pour atteindre 40 ans (160 trimestres) en 2008 et 41 ans (164 trimestres) d'ici 2012. Ensuite, la durée de cotisation augmentera proportionnellement à l'espérance de vie. Elle devrait atteindre environ 42 ans en 2020.En moyenne, les français entrent dans la vie active vers 22 ans, nous nous orientons vers un âge de départ en retraite qui s’approchera des 64 ans.
Une mesure nécessaire qui peut paraître injuste :
L’argument le plus souvent avancé consiste à dire que nous vivons plus longtemps et qu’il est donc normal que nous travaillons également plus longtemps.Or, et c’est une évidence pour tous, sur ce point les choses sont très inégalitaires et varient, entre autres choses, en fonction du travail exercé tout au long de la vie. (Un cadre vit en moyenne 6 ans de plus qu’un ouvrier).Il apparait alors évident que nous ne devrions pas prôner l’égalité en matière de cotisation mais l’équité.
Conclusion :
L’augmentation du nombre d’année de cotisation n’est pas idéologique, elle relève
d’un problème démographique dû au papy boom. Nous assistons donc à un ajustement de la durée de cotisation en fonction de l’évolution démographique. Cet ajustement semble
inévitable mais il doit, à mon sens, être différencié en fonction de la pénibilité du travail et rester dans des limites raisonnables.











Avec Jean Louis BORLOO, changeons radicalement !



